La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Joël Dicker

Publié le mercredi 16 mars 2016, 18h14 par Denis.
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New York, 2008. Marcus Goldman est un jeune écrivain, devenu célèbre grâce à son premier roman, qui peine à retrouver l'inspiration. Marcus a un mentor, l'auteur des "Origines du mal" qui a connu un immense succès aux États-Unis à la fin des années 70 : Harry Quebert. Ce dernier se retrouve accusé de meurtre lorsqu'on découvre, enterré dans son jardin, le corps de Nola Kellergan, disparue à l'âge de 15 ans durant l'été 1975, et avec qui il entretenait une liaison.

Marcus décide de quitter New York et de se rendre à Aurora, dans le New Hampshire, pour faire la lumière sur cette surprenante accusation et prouver l'innocence de son ami. Mais l'enquête va rapidement se montrer beaucoup plus compliquée que ce qu'il imaginait.

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert", roman publié par le très charismatique écrivain suisse romand Joël Dicker en 2012, a connu un succès exceptionnel, se vendant comme des petits pains et remportant le Grand Prix du roman de l'Académie française ainsi que le Goncourt des Lycéens.

Il s'appuie sur des recettes classiques qui fonctionnent franchement pas mal : le récit d'une enquête à l'américaine dans un style simple et efficace, avec de multiples rebondissements relançant l'intrigue de façon très régulière. Difficile de s'ennuyer, d'autant que Joël Dicker s'amuse avec le lecteur en l'embrouillant à coups de fausses pistes ou d'évidences qui ne le sont pas, particulièrement dans la deuxième moitié du roman.

La progression de l'enquête est parsemée de nombreux flashbacks, se déroulant essentiellement - mais pas seulement - durant l'été 1975. Ici aussi, cela fonctionne très bien.

Ce qui fonctionne nettement moins bien, en revanche, c'est à chaque fois que l'auteur évoque la relation entre Harry et Nola : un écrivain de 34 ans qui vit une histoire d'amour secrète et absolue avec une gamine de 15 ans, ça annonce du lourd, de l'intense, du sulfureux. Rien de tout cela dans le roman, l'histoire est plutôt "gnangnan" et parfois aux limites du grotesque en raison de certains dialogues ou extraits des "Origines du mal" vraiment mièvres.

De plus, difficile de ne pas trouver quelques personnages franchement caricaturaux : l'éditeur forcément un peu crapule, la "plus belle fille du lycée" digne d'un teen-movie, le flic à la timidité maladive qui n'ose aborder la fille en question, l'autre flic imbuvable qui devient le meilleur pote de Marcus ou encore la "mère juive" totalement parodique, mais qui, je l'avoue, m'a parfois bien fait rire ! Globalement, la description qui est faite des USA, que ce soit en version 1975 ou 2008, fait un peu cliché.

Qu'à cela ne tienne, ces ratés ne m'ont pas découragé dans ma lecture du roman. Ce dernier est tout simplement sauvé par son intrigue. Le côté "Page turner" fonctionne à plein régime et agit comme une drogue : on doit avancer, on veut en savoir plus pour découvrir enfin qui a tué Nola Kellergan ! Facile, mais efficace.

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert" est édité en France par les éditions de Fallois.

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