La vérité avant-dernière, Philip K. Dick

Publié le mardi 21 juillet 2015, 15h06 par Denis.
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Cela fait 15 ans que la troisième guerre mondiale fait rage entre la Paci-Pop et la Dém-Ouest. La plupart des hommes vivent retranchés dans des abris souterrains où ils passent leur existence à fabriquer et réparer les "solplombs", des robots qui se battent à leur place à la surface. Nicolas Saint-James est le président d'un de ces abris. Il sait qu'il ne pourra remplir les quotas de production s'il ne sauve pas un des habitants de l'abri. Et pour cela, il va devoir remonter et affronter la guerre, les radiations et les terrifiantes maladies qui leur sont liées. Vous devinez ? Ce qu'il va trouver à l'air libre n'est pas du tout ce à quoi il s'attendait.

Ecrit en 1964, quelques mois après "Glissement de temps sur Mars" et avant le formidable "Dieu venu du Centaure" et ses "Poupées Pat", "La vérité avant-dernière" est un roman que je qualifierais volontiers de très classique dans l'oeuvre de Philip K. Dick. On y retrouve en effet nombre de concepts et thématiques récurrents chez lui : les réalités parallèles, le mensonge organisé par l'élite pour contrôler le peuple, les simulacres, la manipulation temporelle ou encore les précogs capables de "sentir" les événements à venir1. On y trouve aussi la falsification du passé à postériori et la prédominance de l'Allemagne et de sa culture, un autre sujet récurrent chez lui.

Ce roman est facile à appréhender, facile à comprendre tout du long et tout simplement facile à lire. Ce n'est pas le cas, loin de là, de tous les romans de l'auteur.

On suit en tout cas avec plaisir et intérêt l'évolution de l'intrigue et des personnages. Le roman est assez court, ce qui a deux conséquences : côté intrigue, pas de temps mort, ça enchaîne ! Mais côté personnages, on pourra regretter un petit manque de développement pour certains. Le traitement est assez inégal à ce niveau.

La parabole sur le pouvoir et ses manipulations, bien que sans surprise, est loin d'être dénuée d'intérêt et finalement pas complètement manichéenne. Et si toute cette mascarade était nécessaire ?

Lire en 2015 un de ces vieux romans de Dick, c'est (re)partir à la découverte de la vision futuriste d'un auteur des années 60/70. C'est délicieusement poussiéreux, à l'image de ce robot assassin de conception allemande qui déclenche un message vocal en lisant une bande magnétique à l'oxyde de fer. Les plus jeunes lecteurs - et très vite leur immense majorité - ne sauront même pas de quoi il parle ! Mais j'ai toujours considéré ce charme désuet comme une des caractéristiques clefs de l'univers Dickien. Vous ne retrouverez pas cette ambiance dans la science-fiction des années 90 et au-delà, soyez-en sûr !

"La vérité avant-dernière" est un bon petit roman mais reste tout de même en retrait des oeuvres majeures de Dick. C'est sans doute une bonne entrée en la matière, par sa simplicité et le fait qu'il introduise bon nombre des thèmes chers à cet auteur. Du très bon divertissement, un dépaysement temporel garanti, c'est déjà pas mal non ?

Pour plus d'infos sur ce roman, je vous invite à consulter Wikipédia.


  1. impossible de ne pas penser à "Ubik" à la simple évocation de ce mot ! ↩︎

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