Dan Simmons
Le contexte
Dan Simmons est décédé le 21 février à l'âge de 77 ans.
J'ai parlé de son œuvre plusieurs fois ici même. Je l'évoquais, par exemple, en 2013, lors du décès de Ian M. Banks : ce dernier, Orson Scott Card et Dan Simmons forment toujours mon "trio emblématique" d'un certain nouveau souffle ayant réveillé la science-fiction dans son approche "space opera" dans les années 90 : le cycle de la Culture de Banks, la stratégie Ender de Card et, bien sûr, Hypérion et sa chute pour Simmons.
Alors que dire en quelques lignes de l'œuvre de Dan Simmons ? Si vous ne l'avez pas fait, je vous invite à lire trois romans qui m'ont totalement bouleversé lorsque je les ai découverts.
Hypérion et sa chute
Il me faut en premier lieu parler d'Hypérion. Sorti en 1989, c'est son premier roman de SF. La maîtrise est totale et il m'a embarqué comme cela m'était rarement arrivé depuis de nombreuses années dans les récits passionnants de ces pèlerins. Tout est incroyable dans ce roman : sa structure, ses personnages et une puissance qui vous prend aux tripes quasiment non-stop.
Il est indissociable de sa suite directe, "La chute d'Hypérion", publié en 1990, qui poursuit et conclut le récit de façon magistrale.
Ces deux romans forment un "tout" qui est aujourd'hui un classique. Je pense que l'on peut parler de chef-d'œuvre sans que cela ne soit galvaudé.
Je précise toutefois qu'à l'époque, j'avais moins aimé la suite, Endymion. Non que ce soit mauvais, loin de là. Mais je n'y retrouvais pas la puissance et la maestria des deux premiers volumes.
Terreur
La seconde "claque" est arrivée des années plus tard et se situe dans un tout autre registre, classique dans l'œuvre de Dan Simmons : le fantastique à forte tendance horrifique !
Je parle ici de Terreur : à partir de faits réels, l'expédition Franklin dans l'Arctique au 19e siècle, Dan Simmons imagine que qui est arrivé aux équipages des deux navires formant cette expédition. Il en fait un récit en tous points remarquable.
Ce long roman condense toutes les qualités de l'auteur : un récit parfaitement orchestré, une ambiance glauque qui arrive à mettre le lecteur mal à l'aise et des personnages passionnants auxquels on s'attache d'autant plus que l’on connaît par avance que leur destin sera tragique.
Je vous invite à relire mon billet de l'époque pour en savoir plus sur cette œuvre monumentale.
Autres lectures
Impossible de ne pas citer l'échiquier du mal, un des romans les plus connus de l'auteur, écrit à la même époque qu'Hypérion. Pas au niveau de Terreur, certes, mais tout de même très réussi. Une histoire de vampires psychiques à travers les âges, souvent trash, mais avec un souci du détail et des personnages remarquablement dépeints, comme c'est presque toujours le cas chez l'auteur.
Nuit d'été, publié en 1991, s'inscrit également dans cette famille de romans. C'est le premier volume d'un cycle de trois romans, "Elm Haven". S'il est beaucoup plus classique que les deux romans que je viens d'évoquer, cela reste pour moi le souvenir d'une excellente lecture avec un groupe d'enfants comme protagonistes principaux. J'ai également lu le second roman du cycle, mais j'ai beaucoup moins aimé.
Et maintenant ?
Je crois qu'il est grand temps de traverser un portail Distrans pour me replonger dans le monde de l'Hégémonie. Et retourner visiter les Tombeaux du Temps pour affronter le Gritche.
Et bien sûr, dire un immense merci à monsieur Dan Simmons.