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Les Fils des ténèbres, Dan Simmons

dimanche 28 septembre 2025
BlogFantastique Lectures D. Simmons

Publié en 1992, ce roman est le deuxième volet du triptyque "Elm Haven" composé également des romans "Nuit d'été" et "Les chiens de l'hiver".

Au début des années 90, Kate Neuman, une hématologue américaine, travaille en Roumanie en se consacrant aux enfants orphelins atteints du SIDA. Elle y découvre un bébé gravement malade, mais dont le sang possède des propriétés quasi miraculeuses qui le tiennent en vie. Pour le sauver, elle adopte l'enfant et le ramène aux États-Unis. Mais le secret que cachent ses mystérieux pouvoirs va faire basculer leur vie.

Avant de parler du roman, sachez qu'il n'est en aucun cas la suite de "Nuit d'été". On y découvre une intrigue n'ayant rien à voir avec celle du roman précédent. L'habile lien entre les deux est en fait le retour des personnages principaux du précédent opus, le groupe d'enfants qui sont devenus adultes. Et l'un d'eux, Mike O'Rourke, est en fait le second personnage principal des "Fils des ténèbres". Les autres sont évoqués à plusieurs reprises par O'Rourke et savoir ce qu'ils sont devenus titille notre curiosité.

Le roman s'articule avant tout autour de deux éléments principaux :

  • l'évocation de la Roumanie après la chute de Ceausescu ;
  • une revisite originale du mythe du vampirisme et de Vlad l'Empaleur.

Sans dévoiler complètement l'intrigue du roman, sachez que Kate Neuman, après son retour en Amérique, est amenée à revenir en Roumanie pour une quête tragique et sans temps mort.

Sans temps mort pour elle, mais pas pour le lecteur. Car hélas, j'ai trouvé que cette œuvre perd de son efficacité à mesure que l'on avance dans la lecture de ses très (trop ?) nombreuses pages.

L'intrigue mettant en scène une version modernisée des vampires tient la route. C'est original car Simmons ramène le vampirisme à un phénomène scientifique (ça reste du fantastique bien sûr !)

De même, l'évocation de cette période particulière de l'histoire de la Roumanie est super réussie, et on sent que l'auteur a fait un minutieux travail de reconstitution.

Oui, mais voilà : ça devient long, très long, donnant l'impression parfois de lire une sorte de guide touristique de la Roumanie façon champ de ruines. S'y ajoute le fait que certaines des nombreuses scènes d'action sont un peu caricaturales. Mais aussi une romance que je n'ai pas trouvé des plus inspirées. Et un final que je qualifierais volontiers de "grand-guignolesque".

Alors, certes, on retrouve les qualités habituelles de l'auteur, cela reste un roman qualitatif. Comme souvent, il parvient à merveille à retranscrire des ambiances macabres, il supprime sans ménagement des personnages importants auxquels on s'était attaché, et le tout reste tout de même bien ficelé.

Mais, à mon goût, ce n'est pas au niveau de mes lectures de ses précédentes œuvres. Et c'est bien la première fois que j'ai eu du mal à aller jusqu'au bout.

Si vous souhaitez découvrir du grand Dan Simmons qui donne froid dans le dos, je vous invite plutôt à vous plonger dans la lecture de Terreur !