Jon Lord : 1941-2012

Publié le mardi 17 juillet 2012, 16h57 par Denis.
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Sale époque pour le hard rock avec la disparition hier d'un musicien légendaire et pourtant inconnu du grand public : Jon Lord, co-fondateur et clavier de Deep Purple. Après Ronnie James Dio en mai 2010 puis Gary Moore en février 2011, voici une autre légende du rock qui disparaît. 

Aux yeux du grand public, Deep Purple c'est évidemment (et exclusivement) "Smoke on the water". Ca suffit aux communiqués "à la va-vite" publiés ci et là sur le web. Pourtant, Deep Purple c'est bien plus que ça.

C'est un moment charnière dans la pop, le début des années 70 : ce sont les débuts du hard rock et Deep Purple en est un des piliers fondateurs avec Ledzep et Sabbath. C'est un son rugueux, énorme, en rupture avec les canons des sixties. C'est un groupe de musiciens indéniablement doués, particulièrement le line-up que l'on nomme "Mk II", de 1969 à 1973 : Blackmore, Gillan, Glover, Lord et Paice. Si l'on ne devait retenir qu'une seule variante de Purple, ça ne peut être que celle-là ! Durant ces 5 ans, le groupe va sortir trois albums qui demeurent aujourd'hui de véritables monuments du rock : "In Rock", "Machine Head" et sans doute un des meilleurs lives rock de tous les temps : "Made in Japan".

Il est coutume de penser que les claviers occupent une place mineure dans le hard d'avant le discutable "rock FM" des années 80. Et pourtant, Jon Lord est là pour prouver le contraire tant sa contribution au son et aux morceaux de Purple est essentielle.

Le son tout d'abord. Le plus caractéristique et emblématique reste celui du Hammond. Lord n'utilise pas le B3 comme Jimmy Smith. Il le tord et le déforme en lui faisant subir les outrages de la disto. Le son Purple est là, cette alchimie rare dans la symbiose des riffs de Blackmore et des parties clavier de Lord. Les morceaux ensuite. L'influence du bonhomme est partout dans les hits de l'époque Mk II et même Mk III, avec Coverdale et Hughes. La complémentarité avec Blackmore à la guitare est ici aussi étonnante : ils ajoutent aux racines blues une fusion entre des influences néo-classiques et jazzy. Façon hard rock. Donc puissant, très puissant, surtout en live. Mais tout en restant étonnamment léger et musical. À mon sens, toute la magie de Purple est là.

Alors voilà, Jon Lord nous a quittés et la nouvelle passera presque inaperçue. Retenez que ce Monsieur a apporté une sacrée pierre à la musique rock des années 70. Les plus jeunes ne connaissent sûrement pas les albums que j'ai cités. Il est urgent de les (re-)découvrir. Ça peut paraître daté. Ça l'est parfois pour être franc. Mais tout aussi brillant, novateur et incontournable !

R.I.P.

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