Blu-ray Pure Audio : un combat perdu d'avance ?

Publié le mardi 28 janvier 2014, 15h40 par Denis.
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Pour démarrer l'année 2014 que je vous souhaite la plus belle possible, je souhaite revenir sur un événement survenu la semaine dernière à la Maison de la Radio : une réunion des professionnels de la musique autour de ce qu'ils semblent considérer comme le remède à tous leurs maux : le Blu-ray Pure Audio. Est-ce vraiment raisonnable ?

Comme le relate le site lesnumeriques.com, l'industrie se met "en ordre de bataille" pour promouvoir ce support audio lancé au printemps dernier et présenté comme le digne successeur du CD audio. Halte aux horribles MP3 dégradés qui abiment nos oreilles depuis quelques années, place à la haute définition ! Il faut à ce sujet se rappeler le communiqué de presse d'Universal de mai 2013, très justement analysé sur le site formations-musique.com : la machine marketing était déjà "en ordre de bataille" !

Quoi qu'il en soit, en théorie, les caractéristiques de la bestiole en jettent :

  • échantillonnage de 96 à 192 kHz en 24 bits
  • dynamique maximale théorique de 144 dB
  • plusieurs formats possibles : PCM, DTS HD Master, Dolby True HD
  • support de la stéréo "simple" (2.0) et du multi-canaux (5.1)
  • compatible avec la plupart des lecteurs Blu-ray existants
  • prix de vente d'environ 20 euros l'album

Ça claque bien. Mais à qui s'adresse donc ce Blu-Ray ? Contrairement aux discours commerciaux des "pros", je pense qu'il ne dépassera jamais le marché de niche des audiophiles fortunés. Le mode de consommation et d'écoute de la musique a profondément changé depuis l'âge d'or du CD et l'industrie de la musique semble faire comme si elle ne l'avait pas compris.

Elle mise tout sur la qualité, l'argument "HD", comme pour la vidéo. Sauf que... ça n'a rien à voir. Soyons réalistes : la différence de qualité d'image entre un DVD et un Blu-Ray vidéo saute aux yeux de tout le monde sur un écran de TV moyen. En revanche, peu de personnes entendront la différence entre un AAC 256 kbps et un Blu-Ray Pure audio pour un mixage stéréo sur une installation commune (chaine Hi-Fi, installation vidéo, smartphone, PC, tablette, bref, le matos de monsieur et madame "tout le monde").

Quant à l'argument multicanal, artistiquement intéressant, je reste dubitatif : quelle proportion du catalogue Universal ou Sony sera remixée ? Et par qui ? Quand on voit la qualité exécrable de certains remasterings faits à l'époque du CD, on peut craindre le pire !

Pour finir, une petite mise en situation : mon artiste préféré sort un nouvel album, et je veux l'acheter. J'ai quatre possibilités :

  • je vais en grande surface acheter le CD audio. Je pourrai écouter cette galette sur ma chaine Hi-Fi, sur mon installation vidéo, dans ma voiture. Je vais devoir utiliser un logiciel pour générer des versions dématérialisées de l'album pour pouvoir l'écouter sur ma tablette et mon smartphone.
  • je me rends chez un revendeur spécialisé pour trouver le BD Pure Audio, pas disponible dans les grandes surfaces classiques. Je pourrai écouter cette galette sur mon installation audio/vidéo. Je fais confiance à l'éditeur qui s'engage à me fournir un lien de téléchargement d'une version dématérialisée de l'album pour pouvoir l'écouter sur ma tablette et mon smartphone.
  • J'achète la version dématérialisée en un clic, à partir de mon Mac, de ma tablette ou de mon smartphone. L'album sera disponible dans la foulée sur l'ensemble de mes appareils.
  • S'il est disponible, je l'écoute sur un service de streaming comme Deezer ou Spotify.

Bah, finalement je ne vais rien faire de tout ça : je vais l'acheter en vinyle si ce dernier est fourni avec un code permettant de télécharger une version dématérialisée. Et ça, ça claque vraiment !

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